Charge de travail - les enseignants inquiets rencontrent la ministre Schyns

(04/06/18) - 500 représentants syndicaux SLPF, CGSP et CSC Enseignement sont se sont rendus ce lundi 4 juin au cabinet de la ministre de l'Éducation Marie-Martine Schyns. Ils craignent que la charge de travail attendue des enseignants soit alourdie, tel que prévu selon eux dans l'avant-projet de décret lié au Pacte d'excellence.

Sous les applaudissements des militants, huit délégués du front commun syndical ont porté les résultats de leurs consultations devant la ministre.

"L'action d'aujourd'hui constitue un coup de semonce à la ministre", explique la présidente du SLPF Enseignement Masanka Tshimanga. "Prenez en compte les remarques des enseignants ou nous mènerons des actions plus fortes."

À la sortie, les délégués se sont montrés satisfaits mais prudents. Marie-Martine Schyns (cdH) a accepté de revoir sa copie et déposera une nouvelle proposition dans le courant du mois de juin, qui devrait mener à une seconde lecture au gouvernement en septembre. "Le texte ne sera pas adopté pour la rentrée prochaine, c'est déjà rassurant", commente Mme Tshimanga.

L'avant-projet de décret en phase d'élaboration fractionne la charge de travail des enseignants en cinq composantes: le travail en classe, les services à l'école et aux élèves, le travail collaboratif, le travail autonome (préparations, corrections, etc.) et la formation continuée.

Reportage-photos

Les syndicats reprochent notamment au texte de ne pas suffisamment baliser le travail collaboratif, qui regroupe les projets propres à chaque établissement, et les services à l'école (activités parascolaires, accompagnement lors des voyages scolaires, etc.)

"Toutes les heures de réunion, de coordination pédagogique, d'accueil des étudiants qu'on nous ajoute diminuent le temps dédié à la réflexion et à la préparation des cours", poursuivent des enseignants en promotion sociale. "Augmenter le mal-être des professeurs, c'est augmenter celui des élèves et donc de la société."

Les professeurs dénoncent en outre le timing de la ministre. En plein mois de juin, ils se sentent pris en étau entre leur volonté de se mobiliser et celle de ne pas entraver le bon déroulement des examens.

Marie-Martine Schyns a quant à elle qualifié la réunion avec les syndicats de "constructive", dans un communiqué de presse. Elle précise en outre qu'elle a "bien pris note des points d'attention essentiels" exprimés par les organisations syndicales et s'engage à "les analyser et à les soumettre à la discussion avec les autres partenaires de l'école, le tout dans le respect des équilibres."

Source : Belga

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